Jean Romanelli, le "grand" organisateur de la fête, déclare ouvert le congrès du 30éme anniversaire de l’association Au Fils d’Indra. À la table d’honneur, Yves Louage, président, François Casimir, directeur et Jean Ambroise, trésorier et directeur adjoint à Pondichéry, et qui vient en France pour la première fois. Sont accueillis avec beaucoup de chaleur les " nouveaux ", ceux qui viennent de toute la France ainsi que toutes les générations de 1 à 93 ans avec nos chères Violette et Gisèle !
En février 2000, l’atelier fêtait ses 30 ans à Pondichéry. Deux journées mémorables avec un grand repas, une grande fête accompagnée de danses, de jeux et de remise de prix.
Ici, en France, les points forts de notre congrès seront doubles :
Jean Romanelli
C’est avec un plaisir immense que je me tiens pour parler devant cette auguste assemblée des responsables, bienfaiteurs et amis de l’Atelier Au Fils d’Indra, une oeuvre charitable et sociale créée par notre chère madame Nicole Durieux, il y a trente ans à Pondichéry, en étroite collaboration avec son amie d’enfance de France, madame Marie-Rose Carlié.
Tout d’abord je me permets de vous exprimer ma sincère gratitude pour votre aimable invitation, de m’avoir convié à participer à cette cérémonie grandiose afin de marquer le 30e anniversaire de la création de cette oeuvre, une œuvre commune à nous tous, en faveur des déshérités de Pondichéry, tout en ravivant l’art hindou de couture par applique dans ce petit coin de la grande Inde. Si cette oeuvre a apporté aide et secours dignement à environ 265 familles pendant ces trente ans, ce n’est pas un simple geste à sous-estimer, mais il importe de juger l’ampleur de cette oeuvre, grâce au patronage et au soutien apporté par chacun de vous. Je peux souligner que l’atelier Au Fils d’Indra est une unique organisation sociale tout au moins dans notre pays, l’Inde, sinon dans le monde entier qui fonctionne sans capital, sans actionnaire, sans aucune machine, sans fonds de roulement, sans une aide quelconque d’une source autre que les dons recueillis en échange des toiles murales dans les expositions organisées par vous dans les différentes régions de France.
Le bénévolat volontaire de chacun de vous est allé très loin pour maintenir la survie d’environ 265 familles
tout au long de ces dernières années. Ces familles doivent rester reconnaissantes à vous tous pour toujours.
Je n’aurai pas à parler en détail sur le fonctionnement de l’association sur place car vous êtes tous au courant de ses activités à Pondichéry. Nous avons eu l’honneur d’avoir la visite de la plupart de vous à l’Atelier et vous avez eu l’occasion de constater personnellement son fonctionnement. Permettez-moi de vous expliquer en quelques lignes les importants avantages sociaux accordés récemment aux travailleurs :
• Affiliation à la Caisse nationale de prévoyance et de pension de retraite des travailleurs. En vertu de la réglementation régissant cette caisse, chaque travailleur aura à contribuer à hauteur de 12 % de son salaire et l’employeur, c’est-à-dire l’Atelier, de son côté, aura à verser une contribution d’égale valeur de 12 % dont la majeure partie, c’est-à-dire 8,33 % sera virée au compte "Pensions de retraite".
En somme le montant total de la contribution du travailleur 12 % et 3,66 % de la contribution patronale soit au total 15,66 % de son salaire mensuel constituera le fonds de prévoyance de chaque travailleur. C’est ainsi qu’au moment de son départ définitif, le travailleur pourra toucher une somme importante accumulée avec intérêt annuel à son compte individuel de Fonds de prévoyance. En outre, il bénéficiera d’une décente pension de retraite pendant toute la durée de sa vie.
En cas de décès, sa famille bénéficiera de la pension de veuve : veuf et de la pension des orphelins.
• Gratuité (gratification au moment du départ définitif du travailleur). Tout travailleur aura le droit de bénéficier d’une gratification calculée à raison de demi-mois de salaire par année de service durant sa carrière, reçu au moment de cesser le travail. Pour cela le travailleur n’aura à fournir aucune contribution.
Mais l’employeur c’est-à-dire l’Atelier, est obligé de contribuer à raison de 1 % du salaire annuel du travailleur à la Compagnie générale d’assurance sur la vie (Life insurance corporation of India) qui s’est chargée de gérer ce fonds de gratuité. Donc, cette gratification est autrement dit un cadeau au travailleur des Ateliers Au Fils d’Indra.
Avant de conclure, je tiens à vous exprimer la gratitude de la part de nos travailleurs, bénéficiaires de l’Atelier de Pondichéry, et les remerciements du comité directeur pour votre soutien continuel et le patronage que vous accordez à l’Atelier. J’ai beaucoup d’espoir et de confiance sachant que vous continuerez à aider encore nos travailleurs pour très très longtemps.
Nous, de Pondichéry, vous assurons de notre sincère collaboration pour que l’Atelier puisse vivre et prospérer comme une unique organisation sociale dans notre pays, ainsi qu’en France.
Comment se structure l’atelier par rapport à l’environnement des salaires et des acquis sociaux de l’Inde?
Chaque année, les salaires sont augmentés. Ils sont un peu plus forts que la moyenne nationale. Les ouvriers de l’Atelier sont recrutés parmi les plus pauvres donc leur niveau social a beaucoup augmenté. Tous les enfants des ouvriers bénéficient d’une bourse d’études et de soins médicaux gratuits (lunettes). Des cours seront proposés aux ouvriers, soit culturels (danse, musique, dessin) soit de gestion.
Les critères de recrutement sont toujours : savoir broder, être parmi les plus pauvres et avoir plus de 18 ans.
